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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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qui appartient à Tordre analytique , dontla connoissance seule peut rendre la lan-gue intelligible : ici la marche en est sui-vie régulièrement ; là la phrase s’en écar-te , mais les mots y prennent des termi-naisons , qui font comme l’étiquette ciela place qui leur convient dans la succes-sion naturelle j tantôt la phrase est pleine,il n’y a aucune idée partielle qui n'y soitmontrée explicitement ; tantôt elle estelliptique , tous les mots qu’elle exigen’y font pas , mais ils font désignés parquelques autres circonstances qu’il fautreconnoître.

Si la phrase qu’il faut traduire a tontela plénitude exigible , & qu’elle soit dis-posée selon l’ordre de la succession ana-lytique des idées, il ne tient plus qu’auvocabulaire qu’elle ne soit entendueellea le plus grand degré possible de facilité:elle en a moins si elle estelliptique, quoi.que construite selon l’ordre naturel ; Lc’est la même chose, s’il y a inversion àTordre naturel , quoiqu’elîe ait toutel’intégrité analytique > la difficulté estapparemment bien plus grande, s’il y atous à la fois ellipse & inversion. Or c’estun principe incontestable de la didacti-que, qu’il faut mettre dans la méthoded’ení'eigner le plus de facilité qu’il est pos-sible. C’est donc contredire ce principeque de faire traduire aux jeunes gens lelatin tei qu’il est sorti des mains de au-teurs qui écrivoient pour des hommesà qui cette langue étoit naturelle ; c’estle contredire que de n’en pas préparer latraduction par tout ce qui peut y rendrebien sensible la succession analytique.M. Chompré convient qu’il faut en éta-blir l’intégrité, en suppléant les ellipses :pourquoi ne Faudroit-íl pas de méme enfixer i’ordre , par ce qu’on appelle com-munément la construction ? Personnen’ol'eroit dire que ce ne fût un moyen deplus , très-propre pour faciliter Tintelli-gencedu texte j & Ton est réduit à pré-texter, que c’eit détruire ('harmonie dela phrase latine ; “ que c’est empêcherl’oreille d’en sentir te caractère , dépouil-ler la belle latinité de ses vraies parures,la réduire à ìa pauvreté des langues mo-dernes , & accoutumer T esprit à se fami-liariser avec la rusticité.,, Jl'ïechan. deslangues , pag. ieg.

Eh! que nfimporte que l'on détruiseun assortiment de sous qui n’a , ni ne

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peut avoir pour moi rien d'harmonieux »puisque je 11e commis plus les principesde la vraie prononciation du latin ? Quandje les connoîtrois ces principes , quem’importeroit qu’on laissât subsister T har-monie , si elle nrempêchoit d’en tendrele sens de la phrase? Vous êtes chargéde m’enfeigner la langue latine , & vousvenez arrêter ìa rapidité des progrès queje pourrois y faire , par la manie quevous avez d’en conserver le nombre Ll’harmonie. Laissez ce soin à mon maîtrede rhétorique; c’est son vrai lot : le vô-tre est de me mettre dans son plus grandjour la pensée qui est l’objet de la phraselatine, & d’écarter tout ce qui peut enempêcher ou en retarder l’intelligence.Dépouillez-vous de vus préjugés contrela marche des langues modernes, & adou-cisses les qualifications odieuses dont vousflétiriezleurs procédées : il n" a point derusticité dans des procédés dictés par lanature , & suivis d’une façon ou d’uneautre dans toutes les langues; & il estinjuste de les regarder comme pauvres,quand elles se prêtent à Texpreísion detoutes les pensées possibles ; ia pauvretéconsiste dans la feule privation du né-cessaire , & quelquefois elle naît de lasurabondance du superflu. Prenezì,gardeque ce ne soit les cas de votre méthode ,où le trop de vues que vous embrassezpourroit bien nuire à celle que vous de-vez vous proposer uniquement.

Servius, Douât, Friscíen, Isidore deSévillej, comiciilîolerit aussi bien & mieuxque vous , les effets ct le prix de cetteharmonie dont vous in’embarrassez, puis-que le latin étoit lenr langue naturelle.Vous avez vu cependant qti’iìs n’y avoirntaucun égard , dès que Vinverson leursemhloit jeter de Tobscurité, sur la pen-sée : orio est, disoient-iis ; & ils arran-gement alors les mots selon l’ordre de laconstruction analytique , sans se douterqueljainais on s’aviiát de soupçonner dela rusticité dans un moyen si raisonnable.

Messieurs Pluche & Chompré me ré-pondront qn’iis ne prétendent point quel’on renonce à Tétud's des principes gram-maticaux fondés fur Tanalyse de la pen-sée. Le sixième exercice consiste, se-lon M. Pluche, ( MéckAn. pag. 155),« rappelles fideUement aux définitions , auxinflexions , U aux petites réglés élémen-taires , les parties qui composent chaque