DISCOURS PRELIMINAIRE.
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Cet événement, indifférent pour l’époque d’alors, est devenu important parses suites, puisqu’il a donné lieu à l’établissement du célèbre observatoire deGreenwich,
Avec New ton commence une nouvelle époque pour les sciences astrono-miques et géographiques. A peine ce grand homme eut-il terminé sa théoriede la lune,-qu’il chercha à en tirer parti pour les progrès de la navigation :il s’appliqua en même temps à perfectionner les instrumens, et il présentaen 1699, à la société royale, le projet d’un instrument nouveau, dont l’objetétoit de remédier aux inconvéniens qui résultent des mouvemens du vaisseau.J’ignore pourquoi l’idée de Newton n’a pas été'réalisée , car en 1710, Hallej ,au défaut d’instrumens propres à mesurer les distances angulaires entre la luneet le soleil, fut encore obligé de se borner aux seules occultations des étoiles,pour déterminer les longitudes.
Vingt-un ans plus tard, John Hadley fit construire le premier sextant àréflexion , dont l’invention appartenoit à Newton : c’est avec ce nouvel■ instrument qu’il fit de nombreuses observations. Dans un mémoire présentéà la société royale en 1781, il prétendit pouvoir déterminer les longitudessur mer, à moins d’un degré; et il chercha à justifier cette assertion par ungrand nombre de distances lunaires prises à l’observatoire de Greenwich x .
Je 11’examinerai point ici si Amerigo Vespuci et Martin Behaim ont eurecours aux distances de la lune pour diriger leurs vaisseaux, comme quelqueshistoriens l’ont assuré : s’ils ont pris des distances lunaires, il est probable qu’ellesne leur ont pas servi pour trouver la longitude. Ce qui est plus certain,c’est que le navigateur angloîs, FFilliam Baffîn 1 2 , s’est servi des observationslunaires : le 26 juin i6i5, lorsqu’il voyageoit pour découvrir le prétendupassage du nord-ouest, il observa la lune au moment où elle se trou voitsur une même ligne avec Regulus et une autre étoile. Il prit en même tempsla hauteur d’une étoile pour en* déduire le temps vrai de son observation.Cependant Baffin avoue lui-même que ce moyen ne l’avoit pas satisfait, et, parcette raison, il passe sous silence toutes les autres observations du même genre.
Feuillée 3 paroit être le premier qui ait mesuré réellement des distances dela lune aux étoiles, pour en déduire les longitudes. Il observa, le 26 juin
1 Philosophical Transactions, etc ., for the year 1731, p, 485.
* Purchas his Pilgrims, Part. III. e , p. 83g et suiv.
3 Journal d’Observations astronomiques, etc ., Tom. I, p. 180 et suiv.