48
DISCOURS PRELIMINAIRE.
tables de MM. Delambre, Bouvard et Lindenau ; et il seroit à désirer que, pourl’usage des voyageurs, l’on annonçât d’avance, dans toutes les Ephémerides,les distances des planètes à la lune. M. de Zach 1 a prouvé que l’on peutprendre des distances non seulement de Venus à la lune , mais aussi de Venus ausoleil ; et que les distances mesurées pardifférens observateurs exercés, ne diffèrentpas entre elles de plus de cinq secondes.
On a agité récemment la question si les navigateurs , pour déterminer leurlongitude , peuvent se servir , avec succès , des distances des étoiles à lalune, ou si ces distances ne doivent être considérées que comme un moyenauxiliaire, lorsqu’on n’a pas pu prendre des distances de la lune au soleil.Comme dans le cours de cet ouvrage je présente un grand nombre d’obser-vations de distances de la lune aux étoiles, je me permettrai quelques remarquessur un objet qui intéresse également les progrès de la géographie et ceux del’astronomie nautique.
J’ai calculé, avec un soin particulier, une série de distances de la lune auxétoiles, que M. de Humboldt avoit prises pendant son séjour à Gumana -,les résultats de ces observations ne différoient que de sept à dix minutes enarc de la longitude qui avoit été déduite d’un grand nombre de distances dela lune au soleil, d’éclipses de satellites de Jupiter , et d’autres moyens purementastronomiques.
M. Ferrer, observateur très-habile, a obtenu, dans les années 1807 et 1808,à l’ile de Cuba, quinze séries de distances de la lune au soleil, et dix-neufséries de distances de la lune aux étoiles. Regardant les distances des étoilescomme plus sûres que celles du soleil, il ne se servit que des premièrespour déterminer la longitude de la Havane. Après les avoir calculées avectoute l’exactitude possible 2 , en ayant égard à la température, à la pressionbarométrique et à l’aplatissement de la terre , M. Ferrer obtint desrésultats partiels , qui ne s’écartoient du terme moyen tiré des dix-neufséries de distances de la lune aux étoiles que de + 4i",6et — 25 ",4 en temps.La
1 Geographische Ephemeriden, Band IV, S. 477.
a M. Ferrer a emprunté la position des étoiles, du catalogue de Maskelyne, et les longitudes de lalune, des tables de Blirg, telles qu’elles ont été publiées parle bureau des longitudes. Les astronomes françoisn’admettant pas la correction équinoxiale donnée par Maskelyne , nous pensons que M. Ferrer n’auroitpas dû l’appliquer, comme il l’a fait, dans son calcul. En ayant égard à cette circonstance, la différencediminue de deux minutes , et ne sera plus que d’une demi-minute en arc.