DISCOURS PRELIMINAIRE.
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parcourent les continens, ne puisse pas être rendue utile aux navigateurs.Les moyens proposés jusqu’ici pour diminuer l’effet du -mouvement duvaisseau ont été insufïisans. Au milieu du seizième siècle, Jacques Besson 1 *proposa une chaise marine dans laquelle on pouvoit observer les astres, maisqui fut bientôt abandonnée à l’oubli. Irwin imagina, en 1760, une autre chaised’une construction plus parfaite; l’on en fit plusieurs essais, mais les résultats enétoient tout aussi peu satisfaisans. « Dans mon voyage à la Barbade, faiten 1763, dit M. Maskelyne 2 , je me servis plusieurs fois de la chaise deM. Ijyvin pour tenter l’observation des satellites : j’avoue que je n’en ai tiréaucune utilité. » Fyot construisit, en 1771, une troisième chaise marine, et lesastronomes de l’expédition de la Flore, commandée par Ferdun de laÇrenne, furent chargés d’examiner son invention. On essaya plusieurs foisde suivre les astres avec une lunette, en se plaçant tantôt dans la chaise deFyot, et tantôt hors de la chaise sur le pont. Les astronomes remarquèrent 3qu’ils conservoient plus facilement Jupiter dans le champ de la lunette, dansla seconde position que dans la première, surtout quand il y avoit peu demer. Je ne parlerai pas ici du binocle ou du capuchon à deux lunettes ( lestierabinoculo) de Galilée 4 5 , qui n’a pas été plus utile aux marins que l’inventiondes chaises marines, quoique les premiers essais qu’on en fit eussent donnél’espérance d’un meilleur succès.
Dans l’état actuel de l’astronomie, les observations du premier et dusecond satellite ne sauroient être assez recommandées aux voyageurs quiparcourent l’intérieur d’un vaste continent, et qui peuvent très-rarementse servir des occultations d’étoiles ou des éclipses de soleil pour la déter-mination des longitudes. Le père Hell 5 préféra même les satellites à tout
1 Cosmolabe, ou instrument universel, concernant toutes observations qui peuvent se faire par les sciencesmathématiques, par Jacques Besson, 1567.
* Naut cal Almanac for the year 1796 , p. i 5 i , et clans plusieurs autres volumes des Éphéinéridesde Greenwich.
0 Voyage fait par ordre du roi en 1771 et 1772., T. II, p. 4 5 j.
* Elogio di Galileo per Paolo Frisi, p. g 3 .
5 Ephemerides astronomicœ Vindobonenses anni 1764, p. 189. «Ici unum dico, me satellitum Jovis« éclipsés ad determinationem differenliæ meridianorum præferre omnino omnibus aliis melhodis hacleiuis« per observaliones aslronomicas mihi cognitis, iiludque dubium de tuborum diversa præstantia vanum« nulltimque esse, modo melhodus adhibeatur ilia , cjuæ mihi familiaris est, quamque mine declaralurussum. » Voyez aussi Ephemer. aslron. anni 1765, p. 254 .