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Premier volume.
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RECUEIL

de certitude que peuvent fournir ces distances. M. de Humboldt avoue lui-mêmen’avoir jusqu’alors pas été assez exercé dans ce genre d’observations.

3 .° Par l’observation de l’éclipse de soleil du 28 octobre 1799.

Cette éclipse est de la plus grande importance pour la longitude de Cumana.M. de Humboldt s’étoit préparé, avec beaucoup de soin, à l’observer. Nousavons déjà prouvé qu’il ’connoissoit très-bien l’état et la marche de son chro-nomètre. Le moment de la fin de l’éclipse fut observé avec la plus grandeexactitude.

Je réunirai sous un même point de vue tout ce que les manuscrits présententde relatif à cet objet.

« Cette éclipse, dit M. de Humboldt, sera mémorable pour moi par les« circonstances qui l’ont accompagnée. Après avoir lutté, pendant cinq à six« jours, contre les nuages pour prendre des hauteurs correspondantes, je« fus sur le point de ne pas pouvoir observer un phénomène pour lequel« j’avois fait tant de préparatifs. Le 27 octobre au soir, me promenant« sur la plage, un assassin indien, muni d’une macana manqua de me« donner un coup sur la tête, qu’il porta après à mon compagnon de« voyage. M. Bonpland resta sans connoissance. Il ressentit pendant long-« temps les suites de cet accident. Le jour de l’éclipse même fut très-beau 5« le ciel étoit serein et azuré. Le soleil avoit tant de force, qu’exposé à« ses rayons pendant dix heures et demie de suite , j’eus le visage« douloureusement enflammé. Je m’attendois aux suites dangereuses que les« coups de soleil ont dans ces climats. En général, les observations que« l’on fait de jour sont très-pénibles. Mais étant peut-être le seul à observer« cette éclipse dans toute l’Amérique méridionale, et l’observation même étanttf la première que je fisse dans ce genre, je ne pensois point aux dangerscc auxquels ma santé pouvoit être exposée. Occupé du grand nombre de végétaux« que nous avions rapportés, M. Bonpland et moi, de la haute chaîne descc montagnes, depuis le 17 fructidor jusqu’au 8 vendémiaire, et manquantcc d’un globe, je n’eus pas le loisir d’entreprendrè le calcul purement trigono-ce métrique. J’entrevis seulement que l’immersion de l’ombre ne pouvoit pas

1 Nom indien d’an gros bilon de Lois de palmier, en forme de massue.