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que ce cas pourrait avoir lieu sans admettre un mélange chimique particulier,une proportion différente d’azote et d’oxygène dans les parties constituantesde l’atmosphère des tropiques. Un décroissement de la chaleur plus oumoins rapide observé dans les couches d’air superposées les unes aux autres,pourroit produire dans la zone torride, pour des angles au dessous de dixdegrés, une réfraction différente de celle que présentent les climats européensdans les plus fortes chaleurs deté. Sans recueillir des données physiquessur la loi du décroissement de la chaleur dans l’air, ou des observationsastronomiques faites directement sur les réfractions correspondantes à huitou dix degrés de hauteur apparente, on ne peut pas prononcer avec certitudesur la déviation qu’éprouve la lumière près de l’horizon dans les différentesrégions du globe. Mayer, se méfiant déjà des observations de Bouguer,annonça que sa Table, qui fut publiée à Londres en 1770, pouvoit repré-senter les réfractions dans tous les pays de la terre. M. Biot déduit des ex-périences ingénieuses qu’il a faites avec M. Arrago, sur les forces réfringentesdes mélanges gazeux, que les tables de réfractions calculées en Europe peu-vent s’étendre à toutes les contrées du globe sans aucune modification.Cependant, ce problème (ajoute-t-il) fut autrefois un des objets des voyagesdes astronomes françois à l’équateur et au pôle. Mais cette assertion de deuxsavans également distingués comme géomètres et comme physiciens, n’estrigoureusement vraie que pour des angles de plus de dix degrés de hauteurapparente. Mayer et M. Biot n’ont sans doute pas voulu prononcer a priorisur les réfractions horizontales ou presque horizontales, phénomènes quidépendent de la densité de toutes les couches d’air superposées, et non dela densité de la dernière couche qui environne l’observateur.
Le problème de l’inflexion des rayons lumineux variable à de petiteshauteurs, selon la différence des zones, est devenu plus compliqué encoredepuis les doutes dont on l’a enveloppé récemment. Maupertuis concluoitdes observations faites en 1787 à Torneo, à deux et trois degrés de hauteurapparente, « que si les réfractions sont effectivement plus petites vers« l’équateur qu’à Paris, et que cette différence soit considérable, il faut« admettre que de Paris au cercle polaire, cette différence n’est plus sen-« sible. » Nous verrons, dans la suite de ce Mémoire, que mes observationsfaites sous les tropiques et celles de M. Swanenberg en Laponie, prouventdiamétralement le contraire de l’assertion de Maupertuis. Aussi cet acadé-micien avoit-il comparé les résultats obtenus sous le cercle polaire à la Tableylstronomie. i5