d’observations ASTRONOMIQUES. Il7
à l’atmosphère quelle lui ne eii rend annuellement. Par conséquent, il seroitpossible encore que du temps d’Hipparque, la lumière des astres eût éprouvédans sa route une déviation différente de celle que l’on observera quelquesmilliers d’années après nous. On reconnoitroit dès-lors que la réfractionn’est pas toujours fonction de la densité seule des couches d’air atmosphé-rique. Mais ne nous perdons pas dans des idées purement hypothé-tiques, lorsqu’il ne s’agit que de l’ordre actuel des choses et de faits capablesd’être exactement observés !
Hydrogéné et Acide carbonique.
De toutes les substances gazeuses, l’hydrogène est celle dont le pouvoirréfringent est le plus fort. Il est frappant que ce même gaz, comme l’a découvertM. Gay-Lussac, est aussi celui dont la capacité pour le calorique est la plusgrande. Son pouvoir réfringent surpasse huit fois celui de l’oxygène; il està celui de l’air atmosphérique comme 661 : 100. Mais l’hydrogène mêlé àl’air atmosphérique en diminue le pouvoir réfringent ; car il s’en faut de beau-coup que la légèreté spécifique de l’hydrogène soit compensée par l’excèsde sa force réfractive. Dans un Mémoire lu à la Classe en ventôse an XIII,nous avons déterminé, M. Gay-Lussac et moi, le minimum de gaz hydrogèneque l’on peut découvrir avec certitude dans un mélange d’azote et d’oxygène.Nous avons indiqué un moyen précis par lequel on peut évaluer jusqu’àTaré d’hydrogène. Ce moyen, inconnu lors de mon expédition à l’équateur,n’a point encore été employé sur l’air des tropiques; mais ayant constatéqu’en Europe, quelle que soit la région d’où souffle le vent le plus impé-tueux, l’atmosphère ne contient pas d’hydrogène, et que l’air recueilli, soità 6000 mètres de hauteur, soit au milieu d’un nuage, comme au Mont-Cenis,ne diffère pas sensiblement de l’air des plaines, on peut supposer que cemanque d’hydrogène est général dans toutes les zones et à toutes les hau-teurs. Je n’ignore pas que la considération de la grande légèreté spécifique del’air inflammable, jointe à des hypothèses météorologiques, a fait supposer àquelques physiciens que la dernière couche de l’océan aérien est une couched'hydrogène, site inabordable des phénomènes lumineux, de l’aurore boréale,des étoiles filantes, et peut-être des bolides mêmes. Cette couche s’étendroitjusqu’aux dernières limites de l’atmosphère, jusqu’au point où la force cen-trifuge est balancée par la pesanteur. Mais pourquoi, en s’éloignant perpen-diculairement de la surface de la terre de plus d’un demi-myriamètre, ne