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Premier volume.
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Il E C U E I L

I 1.8

voit-on pas augmenter la quantité d’hydrogène atmosphérique ? Commentcet hydrogène seroit-il parvenu à se réunir dans une couche séparée ? et unefois réuni, comment se seroit-il conservé dans cet état d’isolement? Lesconnoissances que nous avons acquises, depuis quelques années, sur lamanière de laquelle se comportent au contact deux gaz d’une gravité spéci-fique différente, rendent peu probable que l’hydrogène qui s’élève de la sur-face de la terre puisse se réunir dans une couche particulière placée à lalimite supérieure de l’atmosphère- L’expérience nous prouve qu’au moindremouvement les fluides aériformes se pénètrent, et que les molécules du gazplus pesant s’insinuent entre les molécules du gaz plus léger, sans se placerd’après la loi de leur pesanteur spécifique. Lorsqu’on mêle 21 d’oxygène à 79d hydrogène, cet air atmosphérique à base d’hydrogène reste uniforme dans sacomposition, quelle que soit la durée du repos auquel on abandonne lemélange. L’analyse chimique m’a offert les mêmes résultats, que j’aie éprouvél’air contenu dans la partie supérieure ou celui de la partie inférieuredu vase. L’analogie nous conduit à croire que l’hydrogène, dégagé par lesmarais, par plusieurs sources, par les mines et par les volcans, se mêleuniformément à l’air atmosphérique. Il s’y mêle d’autant plus facilement,que l’atmosphère est perpétuellement agitée par de petites variations detempérature et de pression barométrique. L’effet de cette agitation est sifrappant, que malgré l’abondance des sources d’hydrogène sulfuré que l’ontrouve, par exemple, dans la Campagne de Rome , le chimiste ne découvredans l’atmosphère ambiante pas plus de cet hydrogène que dans l’air de merou dans les vents qui soufflent du large. L’idée de cette uniformité dans lacomposition chimique de l’atmosphère rassure l’astronome , lorsqu’il sedéfie du fluide aériforme à travers lequel lui parvient la lumière des astres.Mais cette même uniformité fait aussi le désespoir du physiologiste. Réfléchis-sant sur la salubrité des climats, il croit en appeler en vain au tribunal del’eudiométrie moderne. Le chimiste lui répond que, d’après les expériencesintéressantes de MM. Thénard et Dupuytren, des quantités d’hydrogène sul-furé beaucoup trop petites pour être appréciées dans nos instrumens, troppetites pour produire des changemens dans les réfractions, exercent encoreune influence destructive sur la vie animale.

L’ensemble de ces considérations physiques nous prouve qu’il n’y a aucuneraison d’admettre une couche de gaz hydrogène aux limites de notre atmo-sphère. 11 est même difficile de concevoir l’exigtence de cette couche à