d’observations ASTRONOMIQUES. l'd']
des glaces éternelles ne peut pas conduire à la connoissance de ladoi dudécroissement, cette limite n’étant pas seulement fonction du décroissement,mais aussi d’une autre quantité qui est variable selon les latitudes, et quenous ne pouvons déterminer qu’imparfaitement.
Nous venons de discuter les six méthodes par lesquelles on pouvoitespérer de fixer la loi du refroidissement des couches d’air superposées.Nous avons vu que les ascensions aérostatiques et les voyages faits à la cimede montagnes escarpées sont les seuls moyens qui mènent à la résolutioncomplète d’un problème dont dépend l’inflexion des rayons lumineux audessous de dix degrés de hauteur apparente. Le résultat d’une série d’expé-riences, dont les extrêmes s’accordent à i4 mètres près, est que dans larégion équinoxiale, où la température moyenne de la plaine est de 2 1° à 26°,le décroissement moyen est de 191 mètres pour i° du thermomètre centi-grade. Il nous reste à comparer ce décroissement avec celui observé dansla zone tempérée; car, comme nous l’avons développé plus haut, si lesréfractions horizontales ou presque horizontales étoient aussi petites sousl’équateur que Bouguer les indique, la cause de ce phénomène ne pourroitêtre fondée que dans un décroissement qui seroit plus rapide sous les tro-piques et plus lent en Europe.
Expériences faites en Europe sur le décroissement du calorique.
Mais nous verrons bientôt que cette différence n’est qu’imaginaire. Je neparlerai pas des rêves d’un grand homme, qui crut que la température del’air pouvoit augmenter à mesure que l’on s’éloignoit de la surface du globe.Daniel Bernoulli, dans son traité d’Hydrodynamique, attribue le froid quel’on sent sur les montagnes à quelque influence secrète du sol. Séduit parde fausses observations du P. Feuillée , il ajoute : Non puto absurdumesse si dicamus calorem aeris medium eo majorem esse , quo magis asuperficie maris distat. Je ne citerai pas les nombres auxquels s’arrêteLambert dans sa Pyrométrie et dans les Mémoires de l’Académie de Berlinpour l’année 1772. Des spéculations théoriques conduisirent ce géomètre àadmettre que le décroissement du calorique, depuis le niveau de la mer jusqu’à1000 mètres de hauteur, est de 80 mètres; depuis 1000 jusqu’à 3ooo mètres,de 100 mètres; et au-delà de la cime de l’Etna, de 129 mètres. Saussure,guidé par des expérieuces directes, suppose le décroissement pendant l’étéudstronomie. 18