RECUEIL
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assidûment le thermomètre à Nain, situé sur la côte orientale du Labrador,sous les 56° 55' de latitude, y trouvent la température moyenne de 3° audessous de zéro, et cependant Nain est encore éloigné de 9 0 du cercle polaire,et peut-être de plus de 20 0 du point où la courbe des neiges éternelles coïn-cide avec la surface du globe. M. Pictet, qui nous a fourni des observationscurieuses sur la hauteur des neiges à la pente du Buet, pense aussi que cesneiges commencent dans une couche d’air dont la température moyenne peutêtre évaluée à 4° £ au - dessous du point de la congélation. Plus au nord.,cette couche d’air est plus froide encore; car, plus les neiges descendent,et plus elles sont exposées à la chaleur que pendant l’été communique lasurface du globe aux couches d’air supérieures. Ces variations de tempé-rature^ dont l’influence est en rapport inverse avec la hauteur à laquellecommencent les glaces, se manifestent aussi dans le phénomène que l’onpeut appeler Y oscillation de la limite inférieure ; oscillation qui sous l’é-quateur est de 5o mètres, sous le tropique du Cancer de plus de 600mètres, sous les 4^° de plus de 2000 mètres.
Dans la zone torride, où l’influence des saisons est nulle, on trouve lesneiges perpétuelles à une élévation dont la température moyenne est à peuprès i° I au dessus de zéro. Il est infiniment rare, dans la Cordillère desAndes, de voir entre 4000 et 53oo mètres de hauteur le thermomètre à zéro,surtout depuis sept heures du matin jusqu’à huit heures du soir : à cetteépoque, la température de l’air reste généralement entre 3°et 9 0 ; quelquefoiselle monte, et c’est très - remarquable, jusqu a i5° ou 19°. A la pente duChimborazo, à 555o mètres d’élévation, par un temps froid et brumeux, lesoleil ayant été caché pendant vingt-deux heures de suite, il se soutint en-core à 2°,8 au dessus de zéro. Le plus grand froid que les Académiciensfrançois observèrent, en 1737, dans leur cabane de Pichincha, située prèsde la limite des neiges perpétuelles, étoit au lever du soleil de — 6°. Or, latempérature du jour étoit entre 3 et 9 0 : il s’ensuit que la moyenne est aussiau dessus de zéro. Ce résultat est conforme à la théorie ; car à ces hauteursil tombe presque journellement de la neige, le thermomètre étant à i° ou2 0 au dessus du point de la congélation. Ce qui en fond pendant quelquesheures est compensé par une nouvelle précipitation. La couche intérieureest défendue par la couche extérieure ; l’équilibre se maintient dans un airdont la température moyenne est celle à laquelle il tombe de la neige danstous les climats, Il suit de ces recherches que la cpnnoissance de la limite