d’observations ASTRONOMIQUES. 11 5
quelque sorte , à compléter mon travail sur l’état actuel de la géographiedes Antilles.
Nous avons annoncé plus haut, au second livre de ce Recueil, que deuxastronomes espagnols, MM. Fidalgo et Churucca, chargés de lever la cartede l’Amérique espagnole, n’avoient pas borné leurs recherches à la terreferme, mais qu’ils les avoient étendues au groupe d’iles qui depuis les Bou-ches du Dragon s’étendent en demi-cercle jusqu’au cap austral de la Flo-ride. Ils avoient fait passer leur premier méridien par le château de SanAndres del Puerto de Espana ; ils avoient lié avec ce méridien les pointsdéterminés au moyen du chronomètre. Depuis Bile de la Trinité, M. Chu-rucca se dirigea au nord, pour faire le relèvement des Antilles, pendant queM. Fidalgo, secondé par Tiscar et Noguera, examina les côtes de la terreferme, depuis le promontoire de Paria jusqu’à Porto -Bello. M. de Chu-rucca, après avoir débarqué à Porto-Rico, y observa l’occultation d’Alde-baran par la lune, le 21 octobre 1793. Cette observation fut accompagnéede circonstances très - heureuses. Le résultat qu’il donna inspira tant deconfiance , qu’on crut y pouvoir fonder toute la géographie des Antilles. Onn’hésita pas d’attribuer aux chronomètres de l’expédition une erreur de 9' 19" •quoique tous, à 4 ou 5 minutes près, eussent donné d’une manière uni-forme la longitude du château de San Andres. On fut même tenté de chan-ger de sept minutes en arc toutes les longitudes déterminées par Borda etPingré sur les côtes de Saint-Domingue ’.
Je ne connois guères de point dont la détermination géographique soitplus importante que celle de la capitale de Porto-Rico. On peut la regardercomme le premier méridien de l’Amérique espagnole. Aussi M. Antillon adit avec raison : « La situacion del Puerto , capital de Puerto-Rico , se mira« coma el origen de todas las longitudes que despues se observaron en las« varias islas »
M. Ferrer, de son côté, observa à Porto-Rico plusieurs séries de distanceslunaires 1 * 3 , dont il fit lui-même la réduction avec beaucoup de soin, et dontil se servit pour déterminer la longitude de ce port. Les résultats qu’il ob-tint , s’accordent parfaitement avec celui des occultations d’étoiles. On cher-
1 Analysis delà carta de la America septentrional, por J. Antillon, pag. Zj.
* Analysis , pag. 29 .
3 Zaclis monatliliche Correspondenz, i8o3.