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Tome douzième.
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LA POLYSYNODIE.

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Sc , pour me servir de ses propres termes, ne seroient que desConseils de parade. Les favoris du Prince, qui le font rare-ment du public, 6c qui, par conséquent, auroient peu d’in-fluence dans des Conseils formés au scrutin, décideroient seulstoutes les affaires ; le Prince n’affisteroit jamais aux Conseilsfans avoir déjà pris son parti sur tout ce qu’on y devroit agi-ter, ou n’en sortiroit jamais fans consulter de nouveau dansson cabinet, avec ses favoris, fur les résolutions qu’on y auroi tprises ; enfin , il faudroit nécessairement que les Conseils de-vinssent méprisables, ridicules & tout-à-fait inutiles , ou queles Rois perdissent de leur pouvoir : alternative à laquelle ceux-ci ne s’exposeront certainement pas, quand même il en devroitrésulter le plus grand bien de l’Etat & le leur.

Voilà, ce me semble, à-peu-près les côtés par lesquelsi’Abbé de St. Pierre eût dû considérer le fond de son systèmepour en bien établir les principes ; mais il s’amuse, au lieude cela, à résoudre cinquante mauvaises objections qui nevaloient pas la peine d’être examinées, ou, qui pis est, àfaire lui-même de mauvaises réponses quand les bonnes seprésentent naturellement, comme s’il cherchoit à prendreplutôt le tour d’esprit de ses opposans pour les ramener à laraison, que le langage de la raison pour convaincre les sages.

Par exemple, après s’être objecté que dans' la Polysynodiechacun des Conseillers a son plan général; que cette diversitéproduit nécessairement des décisions qui se contredisent, Scdes embarras dans Je mouvement total ; il répond à cela qu’ílne peut y avoir d’autre plan général que de chercher à per-fectionner les réglemens qui roulent fur toutes les parties du

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