L A P O L Y S Y N O D I E.
C
87
Ces difficultés n’ont pas échappé à l’Abbé de St, Pierre,mais peut-être lui convenoit-il mieux de les dissimuler quede les résoudre. Quand il parle de ces contradictions & qu’ilfeint de les concilier, c’est par des moyens íì absurdes ôc desraisons íl peu raisonnables qu’on voit bien qu’il eít embarrassé,ou qu’il ne procede pas de bonne foi. Seroit - il croyable qu’iìeût mis en avant íì hors de propos, ôc compté parmi cesmoyens l’amour de la patrie , le bien public, le désir de lavraie gloire , ôc d’autres chimères évanouies depuis long-tems ,ou dont il ne reste plus de traces que dans quelques petitesRépubliques ? Penseroit-il sérieusement que rien de tout celapût réellement influer dans la forme d’un Gouvernement mo-narchique ; ôc après avoir cité les Grecs, les Romains, &même quelques Modernes qui avoient des âmes anciennes,n’avoue-t-il pas lui - même qu’il seroit ridicule de fonder laconstitution de l’Etat sur des maximes éteintes? Que fait-ildonc pour suppléer à ces moyens étrangers dont il reconnoîtl’insuffisance ? II leve une difficulté par une autre, établit unsystème sur un système, ôc fonde sa Polysynodie sur sa Répu-blique Européenne. Cette République, dit - il, étant garantede l’exécution des capitulations impériales pour l’Allemagne ;des capitulations parlementaires pour l’Angleterre ; des PaclaConvoita pour la Pologne ; ne pourroit-elle pas l’être aussides capitulations royales lignées au sacre des Rois pour laforme du Gouvernement, lorsque cette forme seroit passée enloi fondamentale ? ôc après tout, garantir les Rois de tom-ber dans la tyrannie des Nérons , n’est-ce pas les garantireux & leur postérité de leur ruine totale?
»