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Tome douzième.
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LETTRE

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sortent plus de cette chambre & n’y reçoivent point â mangerqu’ils ne soient tous d’accord, en forte que leur jugement esttoujours unanime, & décisif fur le fort de l’accufé.

Dans une de ces délibérations les preuves paroiffant convain-cantes , onze des jurés le condamnèrent fans balancer ; mais ledouzième s’obstina tellement à f absoudre fans vouloir alléguerd’autre raison, sinon qu’íl le croyoit innocent, que voyantce juré déterminé à mourir de faim plutôt que d’être de leuravis, tous les autres pour ne pas s’expofer au même fort revin-rent au sien , & Paccusé fat renvoyé absous..

L’affaire finie, quelques-uns des jurés presserent en secretleur collègue de leur dire la raison de son obstination, & ilssurent enfin que c’étoit lui-même qui avoit fait le coup dontl’autre étoit accusé ; &c qu’il avoit eu moins d’horreur de la mortque de faire périr Pinnocent, chargé de íòn propre crime.

Proposez le cas à votre homme & ne manquez pas d’exa—miner avec lui Pétat de ce juré dans toutes ses circonstances».Ce n’étoit point un homme juste, puifqu’il avoit commis uncrime, & dans cette affaire Penthousiasrne de la vertu ne pou-voit point lui élever le cœur , ôc lui faire mépriser la vie. IIavoit Pintérêt le plus réel à condamner Paccusé pour enseveliravec lui l’imputation du forfait ; il devoir craindre que son in-vincible obstination n’en fît soupçonner la véritable cause , 6cne fut un commencement d’indice contre lui : la prudence &le soin de sa fureté demandoient, ce semble, qu’il fît ce qu’ilne fit pas, & l’on ne voit aucun intérêt sensible qui dût leporter à faire ce qu’il fit. II n’y avoit cependant qu’un intérêttrès-puiffant qui pût le déterminer ainsi dans le secret de son

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