A M. D’ O F F R E V I L L E. 137
même, Sc le chrétien n’a besoin que de logique pour avoirde la vertu.
Mais outre cet intérêt qu’on peut regarder en quelque façoncomme étranger à la chose, comme n’y tenant que par uneexpresse volonté de Dieu , vous me demanderez peut-être s’ily a quelque autre intérêt lié plus immédiatement, plus né-cessairement à la vertu par fa nature, & qui doive nous la faireaimer uniquement pour elle-même. Ceci tient à d’autres ques-tions dont la discussion passe les bornes d’une, lettre, <5c dontpar cette raison je ne tenterai pas ici Fexamen. Comme, si nousavons un amour naturel pour l’ordre, pour le beau moral, sicet amour peut être assez vif par lui - même pour primer furtoutes nos passions , si la conscience est innée dans le cœur del’homme, ou si elle n’est que l’ouvrage des préjugés & de Fé-ducation : car en ce dernier cas il est clair que nul n’ayant ensoi-même aucun intérêt à bien faire, ne peut faire aucun bienque par le profit qu’il en attend d’autrui, qu’il n’y a par consé-quent que des sots qui croyent à la vertu Sc des dupes qui lapratiquent; telle est la nouvelle philosophie.
Sans m’embarquer ici dans cette métaphysique qui nousmeneroit trop loin, je me contenterai de vous proposer unfait que vous pourrez mettre en question avec votre adver-saire , Sc qui, bien discuté, vous instruira peut-être mieux deses vrais sentimens que vous ne pourriez vous en instruire enrestant dans la généralité de votre these.
En Angleterre quand un homme est accusé criminellement,douze jurés , enfermés dans une chambre pour opiner furFexamen de la procédure s’il est coupable ou s’il ne Fest pas, nePieces diverses. - S
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