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Tome douzième.
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LETTRE A U PRINCE

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4. Faites qu’iìs aient un grand intérêt a rester long-tems àvotre service , qu’ils s’y attachent à mesure qu’iîs y restent,qu’ils craignent, par conséquent , d’a u ta n t plus d’en sortirqu’ils y font restés plus long-tems. La raison ôc les moyens decela fe trouvent dans le livre indiqué.

Ceci font les données que je peux supposer, parce que, bienqu’elles demandent beaucoup de peine, enfin, elles dépendentde vous. Cela posé :

Quelque tems avant que de leur parler, vous avez quelque-fois des entretiens à table fur l’éducation de votre enfant, &cfur ce que vous vous proposez de faire , fur les difficultés qíievous aurez à vaincre , & fur la ferme résolution où vous êtesdt n’épargner aucun foin pour réussir. Probablement vos gensn’auront pas manqué de critiquer entr’eux la maniéré extraor-dinaire d’élever Pensant; ils y auront trouvé de la bizarrerie,il la faut justifier, mais simplement & en peu de mots. Ou reste ,il faut montrer votre objet beaucoup plus du côté moral &pieux , que du côté philosophique. Madame la Princesse en neconsultant que son cœur peut y mêler des mots charmans.M. Tissot peut ajouter quelques réflexions dignes de lui.

On est si peu accoutumé de voir les Grands avoir des en-trailles , aimer la vertu, s’occuper de leurs enfans , que cesconversations courtes & bien ménagées ne peuvent manquerde produire un grand effet. Mais fur-tout nulle ombre d’affec-tation , point de longueur. Les domestiques ont l’œil très-perçant : tout seroit perdu s’ils íbupçonnoient seulement qu’ily eût en cela rien de concerté ; & en effet rien ne doit l'être.Bon pere, bonne mère, laissez parler vos cœurs avec simpli-