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Tome douzième.
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D I V E R S E S.

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clés horribles de Séné que ôc de Néron, de Domitien & deMartial. Le goût des Lettres & des Arts naît chez un peupled’un vice intérieur qu’il augmente ; & s’il est: vrai que tous lesprogrès humains font pernicieux à Fefpece, ceux de l’efpritôc des connoiílances qui augmentent notre orgueil ôc multi-plient nos égaremens, accélèrent bientôt nos malheurs. Maisìl vient un tems où le mal est tel, que les causes mêmes quil’ont fait naître, font nécessaires pour Fempêcher d’augmen-ter ; c’est le fer qu’il faut laisser dans la plaie, de peur que leblessé n’expire en Farrachant. Quant à moi, si j’avois suivi mapremiere vocation, ôc que je n’eusse ni lu ni écrit, fen auroisfans doute été plus heureux. Cependant, si les Lettres étoientmaintenant anéanties, je ferois privé du seul plaisir qui mereste. C’est dans leur sein que je me console de tous mesmaux : c’est parmi ceux qui les cultivent que je goûte les dou-ceurs de l’amitié, & que j'apprends à jouir de la vie fans crain-dre la mort. Je leur dois le peu que je fuis; je leur dois mêmel’honneur d’être connu de vous; mais consultons l’intérêtdánsnos affaires & la vérité dans nos écrits. Quoiqu’il faille desPhilosophes, des Historiens, des Savans pour éclairer le monde6c conduire ses aveugles habitans ; si le Lige Memnon m’a ditvrai, je ne connois rien de si fou qu’un peuple de sages.

Convenez - en, Monsieur ; s’il est bon que les grands gé-nies instruisent les hommes, il faut que le vulgaire reçoiveleurs instructions : si chacun fe mêle d’en donner, qui les vou-dra recevoir ? Les boiteux, dit Montaigne, font mal propresaux exercices du corps, 6c aux exercices de Fefprit les âmesboiteuses.

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