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Tome douzième.
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LETTRES

Mais en ce siecle savant, on lie voit que boiteux vouloirapprendre à marcher aux autres. Le peuple reçoit les écritsdes sages pour les juger non pour s’inssruire. Jamais on nevit tant de dandins. Le théâtre en fourmille, les cafés reten-tissent de leurs sentences ; ils les affichent dans les journaux ,les quais font couverts de leurs écrits , & j'entends critiquerl’Orphelin ( *) , parce qu’on l’applaudit, à tel grimaudsi peucapable d’en voir les défauts, qu’à peine en sent-il les beautés.

Recherchons la premiere source des désordres de la société,nous trouverons que tous les maux des hommes leur viennentde l’erreur bien plus que de ['ignorance, & que ce que nousne savons point, nous nuit beaucoup moins que ce que nouscroyons savoir. Or, quel plus fur moyen de courir d’erreursen erreurs, que la fureur de savoir tout ? si l’on n’eût pré-tendu savoir que la terre ne tournoit pas, on n’eût point puniGalilée pour avoir dit qu’elle tournoit. Si les seuls Philoso-phes en eussent réclamé le titre, l’Encyelopédie n’eût point eude persécuteurs. Si cent Myrmidons n’aspiroient à la gloire,vous jouiriez en paix de la vôtre , ou du moins vous n’auriezque des rivaux dignes de vous.

Ne soyez donc pas surpris de sentir quelques épines insé-parables des fleurs qui couronnent les grands taíens. Lesinjures de vos ennemis font les acclamations satiriques quisuivent le cortege des triomphateurs : c’est l'empressement dupublic pour tous vos écrits, qui produit les vols dont vousvous plaignez : mais les falsifications n’y font pas faciles , car

( * ) Tragédie de M. de Voltaire } iju’on j.ouoit dans ce tetns-là»

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