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Tome douzième.
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dans leurs Etats. Trouvez bon que je corhmence par loueren vous un zélé sujet de l’Impératrice & un bon citoyen dela République des Lettres. Sans avoir l’honneur de vous con-noître, je dois juger à la ferveur qui vous anime que vous vousacquittez parfaitement vous-même des devoirs que vous im-posez aux autres, & que vous exercez à la fois les fonctionsd’homme d’Etat au gré de Leurs Majestés, & celles d’Auteurau gré du public.

A l’égard des foins dont vous me chargez , je fais bien ,Monsieur, que je ne ferois pas le premier Républicain quiauroit encensé le trône, ni le premier ignorant qui chanteroicles arts; mais je fuis si peu propre à remplir dignement vosintentions que mon insuffisance est mon excuse, & je ne saiscomment les grands noms que vous citez vous ont laissé son-ger au mien. Je vois, d’ailleurs, au ton dont la flatterie ulade tout tems avec les Princes vulgaires , que c’est honorerceux qu’on estime que de les louer sobrement, car on sait queíes Princes loués avec le plus d’excès font rarement ceux quiméritent le mieux de l’être. Or, il ne convient à personne dese mettre fur les rangs avec le projet de faire moins que lesautres , fur-tout quand on doit craindre de faire moins bien.Permettez - moi donc de croire qu’il n’y a pas plus de vrairespect pour l'Empereur & l’Impératrice-Reine dans les écritsdes Auteurs célébrés dont vous me parlez que dans monsilence, 8c que ce feroit une témérité de le rompre à leurexemple , à moins que d’avoir leurs talens.

VouS me pressez auílì de vous dire si Leurs Majestés Impé-riales ont bien fait de consacrer de magnifiques établissemens

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