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Tome douzième.
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LETTRES

Sc des sommes immenses à des leçons publiques dans leurCapitale , ôc après la réponse affirmative de tant d’illustresAuteurs , vous exigez encore la mienne. Quant à moi, Mon-sieur , je n’ai pas les lumières nécessaires pour me détermi-ner auffi promptement, & je ne connois pas assez les mœursôc les talens de vos compatriotes pour en faire une applica-tion sure à votre question. Mais voici là-dessus le précis demon sentiment sur lequel vous pourrez mieux que moi tirerla conclusion.

Par rapport aux mœurs. Quand les hommes íònt corrom-pus , il vaut mieux qu’ils soient íàvans qu’ignorans ; quandils font bons ,. il est à craindre que les sciences ne les cor-rompent.

Par rapport aux talens. Quand on en a , le savoir les perfec-tionne ôc les fortifie ; quand on en manque, l’étude óte encorela raison , ôc fait un pédant ôc un sot d’un homme de bon sensôc de peu d’efprit.

Je pourrois ajouter à ceci quelques réflexions. Qu’on cul-tive ou non les sciences , dans quelque siecìe que naisse ungrand homme, il est toujours un grand homme, car la sourcede son mérite n’est pas dans les livres, mais dans fa tête, &souvent les obstacles qu’il trouve ôc qu’il surmonte ne fontque Pélever & l’agrandir encore. On peut acheter la science ,ôc même les Iàvans , mais le génie qui rend le savoir utilene s’achete point ; il ne connoît ni l’argent, ni l’ordre desPrinces , il ne leur appartient point de le faire naître , maisfeulement de Phonorer, il vit ôc s’immortaíife avec la libertéqui lui est naturelle, & votre illustre Métastase lui-même