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Tome douzième.
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LETTRES

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LETTRE

A M. R O M I L L Y.

O N ne sauroit aimer les peres fans aimer des enfans quileur font chers; ainsi, Monsieur, je vous aimois fans vousconnoître, ôc vous croyez bien que ce que je reçois de vousn’est pas propre a relâcher cet attachement. J’ai lu votreOde, j’y ai trouvé de Pénergie, des images nobles, & quel-quefois des vers heureux ; mais votre poésie paroît gênée,elle sent la lampe, & n’a pas acquis la correction. Vos rimes,,quelquefois riches, font rarement élégantes, & le mot proprene vous vient pas toujours. Mon cher Romilly, quand je paye:les complimens par des vérités, je rends mieux que ce qu’oixme donne.

Je vous crois du talent, & je ne doute pas que vous nmvous faisiez honneur dans la carrière où vous entrez. J’aimeroispourtant mieux, pour votre bonheur , que vous eussiez suivila profession de votre digne pere; fur-tout si vous aviez puvous y distinguer comme lui. Un travail modéré , une vieégale & simple , la paix de Pâme & la santé du corps qui fontle fruit de tout cela, valent mieux pour vivre heureux, que lesavoir ôc la gloire. Du moins en cultivant les talens des gensde Lettres, n’en prenez pas les préjugés ; n’estimez votre étatque ce qu’il vaut, & vous en vaudrez davantage.

Je vous dirai que je n’aime pas la fin de votre lettre ; vousme paroisse z juger trop sévèrement les riches. Vous ne songea

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