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Tome douzième.
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DIVERSES.

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qui dans l’agitation de mes transports, me faisoit écrier que'-quefois , ó grand Etre ! ó grand Etre ! fans pouvoir dire , nipenser rien de plus.

Ainíl s’écouloient dans un délire continuel, les journées lesplus charmantes que jamais créature humaine ait passées ; Ôcquand le coucher du soleil me faisoit songer à la retraite ,étonné de la rapidité du tems, je croyois n’avoir pas assezmis à profit ma journée, je pensois en pouvoir jouir davantageencore, & pour réparer le tems perdu, je me difois ; je re-viendrai demain.

Je revenois à petit pas , la tête un peu fatiguée, mais lecœur content ; je me reposois agréablement au retour, en melivrant à l’impreíîîon des objets, mais fans penser, sans ima-giner , fans rien faire autre chose, que sentir le calme ôc le bon-heur de ma situation. Je trouvois mon couvert mis fur materrasse. Je soupois de grand appétit dans mon petit domes-tique , nulle image de servitude ôc de dépendance ne troubloitla bienveillance qui nous unissait tous. Mon chien lui-mêmeétoit mon ami, non mon esclave, nous avions toujours lamême volonté, mais jamais il ne m’a obéi ; ma gaîté duranttoute la soirée témoignoit que j’avois vécu seul tout le jour jj’étois bien différent quand j’avois vu de la compagnie , j’étoisrarement content des autres, & jamais de moi. Le soir j’étoisgrondeur ôc taciturne : cette remarque est de ma gouvernante ,ôc depuis qu’elle me l’a dite , je l’ai toujours trouvée juste enm’observant. Enfin, après avoir fait encore quelques tours dansmon jardin, ou chanté quelque air fur mon épinette, je trou-Pieces diverses . K k