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Tome douzième.
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LETTRES

vois dans mon lit un repos de corps Sc d’ame, cent fois plusdoux que le sommeil même.

Ce sont là les jours qui ont fait le vrai bonheur de ma vie,bonheur fans amertume, fans ennuis, fans regrets , Sc auquelj’aurois borné volontiers tout celui de mon existence. Oui,Monsieur, que de pareils jours remplissent pour moi l’éternité,je n’en demande point d’autres, Sc n’imagine pas que je foisbeaucoup moins heureux dans ces ravissantes contemplations,que les intelligences célestes. Mais un corps qui souffre, ôteà l’efprit sa liberté ; déformais je ne suis plus seul, j’ai un hôtequi m’importune, il faut m’en délivrer pour être à moi, Sc fessaique j’ai fait de ces douces jouissances, ne sert plus qu’à mefaire attendre avec moins d’effiroi, le moment de les goûterfans distraction.

Mais me voici déjà à la fin de ma seconde feuille. II m’enfaudroit pourtant encore une. Encore une lettre donc, & puisplus. Pardon, Monsieur, quoique j’aime trop à parler de moi,je n’aime pas à en parler avec tout le monde, c’est ce qui mefait abuser de l’occasion quand je Pai, Sc qu’elle me plaît.Voilà mon tort Sc mon excuse. Je vous prie de la prendreen gré.

A K" -,.-r- • . ^

QUATRIEME LETTRE.

28 Janvier 1762.

Je vous ai montré, Monsieur, dans le secret de mon cœur,’les vrais motifs de ma retraite Sc de toute ma conduite; motifsbien moins nobles fans doute que vous ne les avez supposes,

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