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Tome douzième.
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DIVERSES.

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6c je ne goûterois pas îe plaisir que je prends à vous écrire.Enfin tant que mes forces me l’ont permis , en travaillantpour moi, j'ai fait selon ma portée tout ce que j'ai pu pour lasociété ; si j'ai peu fait pour elle, j'en ai encore moins exigé,& je me crois si bien quitte avec elle dans l’état où je fuis ,que si je pouvois déformais me reposer tout-à-fait, & vivre pourmoi seul, je le ferois fans scrupule, /'écarterai du moins demoi de toutes mes forces , l’importunité du bruit public. Quandje vivrois encore cent ans, je n’écrirois pas une ligne pour lapresse , & ne croirois vraiment recommencer à vivre , quequand je ferois tout-à-fait oublié.

J’avouepourtant qu’il a tenu à peu, que je ne me fois trouvérengagé dans le monde , & que je n’aye abandonné ma so-litude , non par dégoût pour elle , mais par un goût non moinsvif que j’ai failli lui préférer. II faudroit, Monsieur , que vousconnussiez l’état de délaissement & d’abandon de tous mesamis où je me trouvois , & la profonde douleur dont moname en étoit affectée, lorsque Monsieur & Madame de Luxem-bourg desirerent de me connoître, pour juger de l’impreffionque firent sur mon cœur affligé leurs avances ôc leurs caresses..J’étois mourant ; fans eux je ferois infailliblement mort detristesse ; ils m’ont rendu la vie , il est bien juste que je l'em-ploye à les aimer.

J’ai un cœur très - aimant, mais qui peut fe suffire à lui—même. J’aime trop les hommes pour avoir besoin de choixparmi eux; je les aime tous, & c'est parce que je les aime ,que je hais l’injustice; c’est parce que je les aime, que je lesfflis; je souffre moins de leurs maux quand je ne les vois pas;