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Tome douzième.
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LETTRES

mais par la force des choses. En transportant dans leurs boisles usages des grandes villes , ils les appliquent de la façon laplus comique ; ils ne savent ce que c’est qu’habits de campagne;ils sont parés dans leurs rochers comme ils Pétoient à Paris ;ils portent sous leurs sapins tous les pompons du Palais-Royal,& j’en ai vu revenir de faire leurs foins en petite veste àfalbala de mousseline. Leur délicatesse a toujours quelque chosede grossier, leur luxe a toujours quelque chose de rude. Ils ontdes entremets, mais ils mangent du pain noir.; ils fervent desvins étrangers 8c boivent de la piquette ; des ragoûts fins ac-compagnent leur lard rance 8c leur choux ; ils vous offriront àdéjeuné du café 8c du fromage , à goûté du thé avec du jambon;les femmes ont de la dentelle 8c de fort gros linge, des robesde goût avec des bas de couleur : leurs valets alternativementlaquais 8c bouviers , ont Fhabit de livrée en servant à table &mêlent Podeur du fumier à celle des mets.

Comme on ne jouit du luxe qu’en le montrant, il a renduleur société plus familière fans leur ôter pourtant le goût deleurs demeures isolées. Personne ici n’est surpris de me voirpasser Phiver en campagne ; mille gens du monde en font toutautant. On demeure donc toujours séparés, mais on se rap-proche par de longues 8c fréquentes visites. Pour étaler fa pa-rure 8c ses meubles , il fout attirer ses voisins 8c les aller voir,8c comme ces voisins font souvent assez éloignés ce font desvoyages continuels. Aussi jamais rfai-je vu de peuple si allantque les Suisses; les François n’en approchent pas. Vous-nerencontrez de toutes parts que voitures ; il cCy a pas une maisonqui n’ait la sienne, 8c les chevaux dont la Suisse abonde ne sont

rien

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