DIVERSES.
289
'rien moins qu’inutiles dans le Pays. Mais comme ces coursesont souvent pour objet des visites de femmes, quand on monteà cheval, ce qui commence à devenir rare, on y monte enjolis bas blancs bien tirés , ôc l’on fait à-peu-près pour courirla poste la même toilette que pour aller au bal. Ausix rien 11’estsi brillant que les chemins de la Suisse ; on y rencontre à toutmoment de petits Messieurs ôc de belles Dames , on n’y voitque bleu, verd, couleur de rose, on se croiroit au jardin duLuxembourg.
Un effet de ce commerce est d’avoir presque ôté aux hommesle goût du vin, & un effet contraire de cette vie ambulante,est d’avoir cependant rendu les cabarets fréquens & bons danstoute la Suisse. Je ne fais pas pourquoi l’on vante tant ceuxde France ; ils n’approchent sûrement pas de ceux-ci. II estvrai qu’il y fait très-cher vivre, mais cela est vrai aussi de lavie domestique, ôc cela ne sauroit être autrement dans un paysqui produit peu de denrées , ôc où l’argent ne laisse pas decirculer.
Les trois seules marchandises qui leur en aient fourni juf-qu’ìci sont les fromages, les chevaux ôc les hommes ; maisdepuis l’introduction du luxe, ce commerce ne leur susiit plus,ôc ils y ont ajouté celui des manufactures dont ils font rede-vables aux réfugiés François , ressource qui cependant a plusd’apparence que de réalité ; car comme la cherté des den-rées augmente avec les efpeces, ôc que la culture de la terrese néglige quand on gagne davantage à d’autres travaux , avecplus d’argent ils n’en font pas plus riches ; ce qui se voit par1 a comparaison avec les Suisses catholiques, qui n’ayant pas laPkces diverses. O o