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Tome douzième.
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LETTRES

L’élévation des montagnes qui forment ie vallon n’est pasexcessive, mais le vallon même eít montagne étant fort élevéau-dessus du lac, 6c le lac ainíì que le fol de toute la Suisse,est encore extrêmement élevé fur les pays de plaines, élevésà leur tour au-dessus du niveau de la mer. On peut juger sen-siblement de la pente totale par le long & rapide cours desrivières , qui, des montagnes de Suisse vont fe rendre les unesdans ía Méditerranée & les autres dans FOcéau. Ainsi, quoi-que la Reufe traversant le vallon, soit sujette à de fréquensdébordemens qui font des bords de son lit une espece demarais, on n’y sent point le marécage , l’air n’y est pointhumide 6c mal sain, la vivacité qu’il tire de son élévationFempêchant de rester long-tems chargé de vapeurs grossières,les brouillards, assez fréquens les matins , cedent pour Fordi-naire à Faction du soleil à mesure qu’il.s’éleve.

Comme entre les montagnes 6c les vallées la vue est tou-jours réciproque, celle dont je jouis ici dans un fond n’est pasmoins vaste que celle que j’avois fur les hauteurs de Mont-morenci, mais elle est d’un autre genre ; elle ne flatte pas,elle frappe ; elle est plus sauvage que riante ; Fart n’y étale passes beautés, mais la majesté de la nature en impose, & quoi-que le parc de Versailles soit plus grand que ce vallon, il neparoítroit qu’un colifichet en sortant d’ici. Au premier coup-d’œil le spectacle , tout grand qu’il est, semble un peu nud,on voit très-peu d’arbres dans la vallée; ils y viennent mal& ne donnent presque aucun fruit ; Fescarpement des monta-gnes étant très-rapide montre en divers endroits le gris desrochers , le noir des sapins coupe ce gris d’une nuance qui

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