Band 
Tome douzième.
JPEG-Download
 

LETTRES

3 o5

moyen íur d’en tirer la médecine universelle ; c’est de faire unébonne pension à Lorris ou à Bordeu.

Au-dessus de ce même village de Travers iî íe sit.il y a deuxans une avalanche considérable & de la façon du monde la plussingulière. Un homme qui habite au pied de la montagne avoirson champ devant sa fenêtre , entre la montagne <x sa maison.Un matin qui suivit une nuit d’orage il fut bien surpris en ou-vrant fa fenêtre de trouver un bois à la place de son champ ;le terrain s’éboulant tout d’une piece avoit recouvert son champdes arbres d’un bois qui étoit au - dessus , & cela , dit - on »fait entre les deux propriétaires le sujet d’un procès qui pour-roit trouver place dans le recueil de Pittaval. L’efpace quel’avalançhe a mis à nud est fort grand & paroít de loin ; maisil faut en approcher pour juger de la force de l’éboulementde l’étendue du creux , <5c de la grandeur des rochers qui ontété transportés. Ce fait récent & certain rend croyable ceque dit Pline d’une vigne qui avoit été ainsi transportée d’uncôté du chemin à l’autre : mais rapprochons - nous de monhabitation.

J’ai vis-à-vis de mes fenêtres une íuperbe caícade, qui duhaut de la montagne tombe par l’efcarpement d’un rocher dansle vallon avec un bruit qui fe fait entendre au loin, íiir-toutquand les eaux sont grandes. Cette cascade est très-en vue ,mais ce qui ne l’est pas de même est une grotte à côté deson bassin de laquelle l’entrée est difficile, mais qu’on trouveau-dedans assez espacée , éclairée par une fenêtre naturelleceintrée en tiers-point, ôc décorée d’un ordre d’Architecturequi n’est pi Toscan, ni Dorique , mais Perdre de la nature

«