LETTRES
Zl6
d’après autrui que je Pai jugé, mais d’après moi-même. Car»,quoique vous en puiííìez dire, j’étois quelquefois admis à l’hon-neur de lui voir donner ses leçons; & je me souviens que, toutautant de profanes que nous étions là , fans excepter son éco-liere , nous ne pouvions nous tenir de rire à la gravité magistraleavec laquelle il prononçoit fès favans apophtegmes* Encoreune fois , Monsieur, je ne prétends point m’excufer en ceci;tout au contraire : j’aurois mauvaise grâce à vous soutenir queM. Marcel faifoit des singeries , à vous qui peut - être, voustrouvez bien de Pimiter ; car mon dessein n’est assurément níde vous offenser ni de vous déplaire.
Quant à l’ineptie avec laquelle j’ai parlé de votre art, cetort est plus naturel qu’excufable ; il est celui de quiconque sémêle de parler de ce qu’il ne sait pas. Mais un. honnête hom-me qu’on avertit de fá faute, doit la réparer &c c’est ce queje crois ne pouvoir mieux faire en cette occasion , qu’en pu-bliant franchement votre lettre ôc vos corrections, devoir queje m’engage à remplir en tems & lieu. Je ferai, Monsieur ».avec grand plaisir , cette réparation publique à la danse ôc à M^Marcel, pour le malheur que j’ai eu de leur manquer de res-pect. J’ai pourtant quelque lieu de penser que votre indignationse fût un peu calmée , si mes vieilles rêveries eussent obtenu,grâce devant vous. Vous auriez vu que je ne fuis pas si en-nemi de votre art que vous m’accufez de l’être, ôc que cen’est pas une grande objection à me faire , que son établisse-ment dans mon pays , puisque j’y ai proposé moi-même desbals publics desquels j’ai donné le plan. Monsieur , faites;grâce à mes torts en faveur de mes services ôc quand j’aîi
t