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LETTRE
A M. D. R.
Motiers, Mars 176;.
JE ne trouve pas r très-bon Papa, que vous ayez interprété-'ni bénignement, ni raisonnablement la raison de décence &de modestie qui m’empêcha de vous offrir mon portrait, Scqui m’empêchera toujours de l’offrir à personne. Cette raisonn’est point comme vous le prétendez un cérémonial, mais uneconvenance tirée de la nature des choses , & qui ne permet hnul homme discret de porter ni sa figure , ni sa personne , où.elles ne sont pas invitées, comme s’il étoit sûr de faire encela un cadeau. Àu lieu que c’en doit être un pour lui, quandon lui témoigne là-deííiis quelque empressement. Voilà le sen-timent que je vous ai manifesté , Sc au lieu duquel vous meprêtez l’intention de ne vouloir accorder un tel présent qu’auxprières. C’est me supposer un motif dë fatuité où j'en métroisun de modestie.. Cela ne me paroít pas dans l’ordre ordinairede votre bon esprit.
Vous m'alléguez que les Rois & les Princes donnent leursportraits. Sans doute , ils les donnent à leurs inférieurs commeun honneur ou une récompense ; Sc c’est précisément pour celaqu’il est impertinent à de petits particuliers de croire honorerleurs égaux comme les Rois honorent leurs inférieurs. PlusieursRois donnent auffi leur main à baiser en signe de faveur Sc dedistinction. Dois-je vouloir faire à mes amis la même grâce t