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Tome douzième.
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DIVERSES.

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qu’un mot ; c’est que je donnerois la moitié des jours qui merelient pour y passer l’autre avec vous. Mais pour Colombier, necomptez pas fur moi; je vous aime , Mylord ; mais il faut quemon séjour me plaise, & je ne puis souffrir ce pays-là.

11 n’y a rien d’égal à la position de Frédéric. II paroít qu’ilen sent tous les avantages , & qu’il saura bien les faire valoir.Tout le pénible & le difficile est fait ; tout ce qui demandoitle concours de la fortune est fait. II ne lui reste à présent àremplir que des soins agréables, & dont l’esset dépend de lui.C’est de ce moment qu’il va s’élever , s’il veut, dans la posté-rité un monument unique ; car il n’a travaillé jusqu’ici que pourson siecle. Le seul piège dangereux qui déformais lui reste àéviter , est celui de la flatterie ; s’il se laisse louer, il est perdu.Qu’il sache qu’il n’y a plus d’éloges dignes de lui que ceux quisortiront des cabanes de fes paysans.

Savez-vous, Mylord , que Voltaire cherche à se racommo-der avec moi ? .11 a eu sur mon compte un long entretien avecM * * * , dans lequel il a supérieurement joué son rôle : il n’y ena point d’étranger au talent de ce grand comédien, do Lis inf-trucîus & arte pelasgâ. Pour moi, je ne puis lui promettre uneestime qui ne dépend pas de moi ; mais à cela près, je ferai,quand il le voudra , toujours prêt à tout oublier. Car je vousjure , Mylord , que de toutes les vertus chrétiennes, il n’y ena point qui me coûte moins que le pardon des injures. II estcertain que si la protection des Calas lui a fait grand honneur,les persécutions qu’il m’a fait essuyer à Geneve, lui en ont peufait à Paris ; elles y ont excité un cri universel d’indignation.Py jouis , malgré mes malheurs , d’un honneur qu’il n’aura ja-