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Tome douzième.
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LETTRES

coup de copies. J’étois bien éloigné d’attendre de cette lettrel’effet qu’elle produisit ; je la regardois comme une protesta-tion nécessaire , & qui auroit son usage en tems &c lieu. Quellefut ma surprise & ma joie de voir dès le lendemain chez moiM. de Montmollin , me déclarer que non-senlement il approu-vait que j'approchasse de la Sainte Table , mais qu’il m’enprioit, <Sc qu’il m’en prioit de l’aveu unanime de tout le Con-sistoire , pour l’édification de sa paroisse dont j’avois l’appro-bation <3c l’estime. Nous eûmes ensuite quelques conférencesdans lesquelles je lui développai franchement mes sentimenstels à-peu-près qu’ils font exposés dans la profession du Vi-caire, appuyant avec vérité fur mon attachement constant àl’Evangile & au Christianisme ; Sc ne lui déguisant pas nonplus mes difficultés & mes doutes. Lui de son côté, connois-sant assez mes sentimens par mes livres , évita prudemmentles points de doctrine qui auroient pu m’arréter, ou le com-promettre ; il ne prononça pas même le mot de rétractation ;n’insista fur aucune explication , & nous nous séparâmes con-tens l’un de l’autre. Depuis lors j’ai la consolation d’être re-connu membre de son Eglise ; il faut être opprimé , malade ,& croire en Dieu pour sentir combien il est doux de vivreparmi ses freres.

M. de Montmollin ayant à justifier fa conduite devant íèsconfrères , fit courir ma lettre. Elle a fait à Geneve un effetqui a mis les Voltairiens au désespoir , & qui a redoublé leurrage. Des foules de Genevois font accourus à Motiers, m’em-brassant avec des larmes de joie, & appeîlant hautement M.de Montmollin leur bienfaiteur 6c leur pere. II est même sûr

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