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Tome douzième.
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L~E T T R E S

LETTRE

^ M * * *.

Modérs-Travers le n Septembre 176;.

J E ne fais, Monsieur, si vous vous rappellerez un homme ,autrefois connu de vous ; pour moi qui n’oublie point vos hon-nêtetés , je me fuis rappelle avec plaisir vos traits dans ceux deM. votre fils, qui m’est venu voir il y a quelques jours. Le récitde ses malheurs m’a vivement touché ; la tendresse & le respectavec lesquels il m’a parlé de vous , ont achevé de m’intéresserpour lui. Ce qui lui rend ses maux plus aggravans est qu’ilslui viennent d’une main si chere. J’ignore, Monsieur, quellesfont ses fautes ; mais je vois son affliction ; je fais que vousêtes pere, & qu’un pere n’est pas fait pour être inexorable. Jecrois vous donner un vrai témoignage Rattachement en vousconjurant de n’ufer plus envers lui d’une rigueur désespérante,& qui, le faisant errer de lieu en lieu sans ressource & fansasyle, n’honore ni le nom qu’il porte, ni le pere dont il letient. Réfléchissez, Monsieur, quel seroit son sort, si dans cetétat, il avoit le malheur de vous perdre. Attendra-t-il des pa-rens, des collatéraux, une commisération que son pere lui aurarefusée ? & si vous y comptez, comment pouvez vous lai fierà d’autres le soin d’être plus humains que vous envers votrefils ? Je ne fais point comment cette feule idée ne désarme pasvotre bon, cœur. D’ailleurs de quoi s’agit-il ici ? de faire révo-quer une malheureuse lettre de cachet qui n’auroit jamais dû

»