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Tome douzième.
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LETTRES

Z6r

à nul autre que lui. Si c’est de me guérir des erreurs où vousme jugez être, je vous remercie de vos bonnes intentions ;mais je n’en puis faire aucun usage, ayant pris depuis long-tems mon parti fur ces choses-là. Ainíì, Moníìeur, votre zelephilosophique est à pure perte avec moi, & je ne serai pasplus votre prosélyte que votre millionnaire. Je ne condamnepoint vos façons de penser, mais daignez me laisser les mien-nes ; car je vous déclare que je n’en veux pas changer.

Je vous dois encore des remerciemens du foin que vousprenez dans la même lettre, de m’óter l’inquíétude que mVvoient donné les premieres, fur les principes de la hautevertu dont vous faites profession. Si-tót que ces principes vousparoissent solides, le devoir qui en dérive doit avoir pour vousla même force que s’íls l’étoient en effet; ainsi, mes doutesfur leur solidité n’ont rien d’offensant pour vous. Mais je vousavoue que quant à moi de tels principes me paroítroíent fri-voles ; ôc si-tót que je n’en admettrois pas d’autres, je sensque dans le secret de mon cœur ceux-là me mettroient fortà l’aise sur les vertus pénibles qu’ils paroîtroient m’impofer.Tant il est vrai que les mêmes raisons ont rarement la mêmeprise en diverses têtes, &c qu’il ne faut jamais disputer de rien l

D’abord l’amour de l’ordre, en tant que cet ordre est étran-ger à moi, n’est point un sentiment qui puisse balancer enmoi celui de mon intérêt propre; une vue purement spécula-tive ne sauroit dans le cœur humain l’emporter fur les passions ;ce seroit, à ce qui est moi, préférer ce qui m’est étrange r ;ce sentiment n’est pas dans la nature. Quant à l’amour del’ordre dont je fais partie, il ordonné tout par rapport à moi;

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