DIVERSES.
Z6?
Prêtre, un homme sage & sensé , tel qu’on en trouve par-tout quand on les cherche. Je lui dirois : je vois l’océan dedifficultés où nage l’esprit humain dans ces matières ; le mienne cherche point à s’y noyer; je cherche ce qui est vrai &bon ; je le cherche sincèrement; je sens que la docilité qu’exigel’Eglife est un état désirable pour être en paix avec soi : j'aimecet état, j’y veux vivre ; mon esprit murmure il est vrai, maismon coeur lui impose silence , & mes sentimens font touscontre mes raisons. Je ne crois pas, mais je veux croire , &je le veux de tout mon cœur. Soumis à la foi malgré mes lu-mières , quel argument puis-je avoir à craindre ? Je fuis plussidelle que si j’étois convaincu.
Si mon confesseur n'est pas un sot, que voulez-vous qu’ilme dise? Voulez-vous qu’il exige bêtement de moi l’impoffi-ble ; qu’il m’ord'onne de voir du rouge où je vois du bleu ?II me dira ; foumettez-vous. Je répondrai ; c’est ce que je fais.II priera pour moi & me donnera Pabfolution fans balancer ;car il la doit à celui qui croit de toute fa force & qui fuit laloi de tout son cœur.
Mais supposons qu’un scrupule mal entendu le retienne , ilfe contentera de m’exhorter en secret & de me plaindre ; ilm’aimera même ; je suis sûr que ma bonne foi lui gagnera lecœur. Vous supposez qu’il m’ira dénoncer à l’Official; & pour-quoi ? qu’a-t-il à me reprocher ? de quoi voulez-vous qu’il m’ac-cufe ? d’avoir trop sidellement rempli mon devoir? Vous sup-posez un extravagant, un frénétique ; ce n’est pas l’homme quej’ai choisi. Vous supposez de plus un scélérat abominable queje peux poursuivre , démentir, faire pendre peut-être pour avoir
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