LETTRES
Z68
sapé le sacrement par sa base , pour avoir causé le plus dange-reux scandale, pour avoir violé sans nécessité , fans utilité le plussaint de tous les devoirs, quand j’étois 6 bien dans le mien queje n’ai mérité que des éloges. Cette supposition, je Favoue , unefois admise, paroít avoir ses difficultés.
Je trouve en général que vous les pressez en homme quin’est pas fâché d’en faire naître. Si tout fe réunit contre vous,si les Prêtres vous poursuivent, si le peuple vous maudit, sila douleur fait descendre vos parens au tombeau , voilà, jeFavoue , des inconvéniens bien terribles pour n’avoir pas vouluprendre en cérémonie un morceau de pain. Mais que faire ,enfin, me demandez-vous? Là-dessus voici, Monsieur, ce quej'ai à vous dire.
Tant qu’on peut être juste & vrai dans la société des hommes,il est des devoirs difficiles fur lesquels un ami désintéressé peutêtre utilement consulté.
Mais quand une fois les institutions humaines font à telpoint de dépravation, qu’il n’est plus possible d’y vivre & d’yprendre un parti fans mal faire, alors on ne doit plus con-sulter personne ; il faut n’écouter que son propre cœur, parcsqu’il est injuste & mal-honnête de forcer un honnête hommeà nous conseiller le mal. Tel est mon avis.
Je vous salue, Monsieur, de tout mon cœur.
LETTRE
4