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Tome douzième.
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LETTRES

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les coutumes , le Gouvernement, la constitution , la maniéréd’être qui résulte de tout cela.

La patrie est dans les relations de l’Etat à Tes membres :quand ces relations changent ou s’anéantissent, la patrie s’éva-nouit. Ainsi, Monsieur , pleurons la nôtre ; elle a péri ; &c sonsimulacre qui reste encore , ne sert plus qu’à la déshonorer.

Je me mets, Monsieur, à votre place, & je comprendsCombien, le spectacle que vous avez fous les yeux, doit vousdéchirer le cœur. Sans contredit on souffre moins, loin deson pays, que de le voir dans un état si déplorable ; mais lesaffections quand la patrie n’est plus, se resserrent autour de hfamille , & un bon pere se console avec ses enfans, de ne plusvivre avec ses freres. Cela me fait comprendre que des inté-rêts si chers, malgré les objets qui vous affligent, ne vous.permettront pas de vous dépayser. Cependant s’il arrivoit quepar voyage ou déplacement, vous vous éloignassiez de Gene-ve, il me seroit très-doux de vous embrasser : car bien quenous n’ayons plus de commune patrie, j’augure des sentimensqui nous animent, que nous ne cesserons point d’être conci-toyens ; & les liens de l’estime & de l’amitié demeurent tou-jours quand même on a rompu tous les autres. Je vous salue,Monsieur, de tout mon cœur.

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