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LETTRE
A M. L. P. L. E. DE W,
xi Mars 1754.
Q U ï, moi ? Des contes î à mon âge & dans mon état ?Non , Prince, je ne fuis plus dans Penfance, ou plutôt je n’yfuis pas encore , & malheureusement je ne suis pas íì gai dansmes maux que Scarron l’étoit dans les siens. Je dépéris tousles jours, j'ai des comptes à rendre, Lc point de contes àfaire. Ceci m’a bien Pair d’un bruit préliminaire répandu parquelqu’un qui veut m’honorer d’une gentillesse de fa façon.Divers auteurs non contens d’attaquer mes sottises, fe fontmis à m'imputer les leurs. Paris est inondé d’ouvrages qui por-tent mon nom , & dont on a foin de faire des chefs-d’œuvresde bêtise, sans doute afin de mieux tromper les lecteurs. Vousn’imagineriez jamais quels coups détournés on porte à maréputation, à mes mœurs, à mes principes ; en voici un quivous fera juger des autres.
Tous les amis de M. de Voltaire répandent à Paris qu’il«'intéresse tendrement à mon fort, ( & il est vrai qu’il s’yintéresse. ) Ils font entendre qu’il est avec moi dans la plusintime liaison. Sur ce bruit, une femme qui ne me connoîtpoint me demande par écrit quelques éclaircissemens fur laReligion, & envoie fa lettre à M. de Voltaire, le priant deme la faire passer. M. de Voltaire garde la lettre qui m’est
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