DIVERSES. 37f!
n’auroìt fait par ses armes. L’asyle qu’il vous presse d’accep-ter, est le seul digne de vous ; allez , Mylord, â votre desti-nation , il vous convient de vivre auprès de Frédéric, commeil m’eût convenu de vivre auprès de George Keith. 11 n’est nîdans Pordre de la justice, ni dans celui de la fortune , quemon bonheur soit préféré au vôtre. D'ailleurs, mes maux em-pirent & deviennent presque insupportables ; il ne me reste qu’àsouffrir &c mourir sur la terre ; & en vérité ç’eût été dommagede n'allcr vous joindre que pour cela.
Voilà donc ma derniere espérance évanouie,.Mylord ,
puisque vous voilà devenu íì riche & íì ardent à verser surmoi vos dons , il en est un que j'ai souvent deíìré , & quimalheureusement me devient plus désirable encore , lorsque jeperds l’espoir de vous revoir. Je vous laisse expliquer cette énigme.Le cœur d’un pere est fait pour la deviner.
II est vrai que le trajet que vous préférez, vous épargnerade la fatigue. Mais si vous n'étie.z pas bien fait à la mer, ellepourroit vous éprouver beaucoup à votre âge , fur - tout s’ilsurvenois du gros tems. En ce cas , le plus long trajet par terreme paroîtroit préférable , méme au risque d’un peu de fatiguede plus. Comme j’efpere auísi que vous attendrez, pour vous
-enlever mon cher Mylord & pourd’emmener ici ; mais nos barques del’EIbe font peu propres à une pareilleexpédition. II n’y a que vous fur quije puisse compter. J’étois ami de votrefrere, je lui avois des obligations, je.fuis le vôtre de cœur & d’ame ; voilàmes titres ; voilà les droits que j’ai fur
vous ; vous vivrez ici dans le sein del’amitié , de la liberté & de la philo-sophie ; il n’y a que cela dans lemonde, mon cher Mylord, quand ona passé par toutes les métamorphosesdes états, quand on a goûté de tout 4on en revient là.
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