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Tome douzième.
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DIVERSES.

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LETTRE

A M. B U T T A-F O C O ( * ).

Motiers-Travers !e 22 Septembre 1764.

Il est superflu, Monsieur, de chercher à exciter mon zelepour l’entreprise que vous me proposez. La seule idée m’éleve

( * ) Cette, lettre ejl une réponse à celle de M. Butta-Foco , d u 31

Août 1764, dont voici Cextrait.

Vous avez fait mention des Corses dans votre Contrat Social d’une façonbien avantageuse pour eux. Un pareil éloge, lorfqu’il part d’une plume ausliíincere que la vôtre, est très-propre à exciter l’émulation & le defir de mieux

faire. II a fait souhaiter à la nation que vous voulussiez être' cet homme sage qui

pourroit lui procurer les moyens de conserver cette liberté qui lui a coûté tantde sang..

, . Qu’il seroit cruel de ne pas profiter de Pheureufe’

circonstance où se trouve la Corse pour se donner le gouvernement le plus con-

forme à l’humanité & à la raison ; le gouvernement le plus propre à fixer dans

cette Isle la vraie liberté. ....

Une nation ne doit se flatter de devenir heureuse & florissante que par lamoyen d’une bonne institution politique : notre Isle , comme vous le ditestrès-bien , Monsieurest capable de recevoir une bonne législation , niais il fautun Législateur; & il faut que ce Législateur ait vos principes, que son bonheursoit indépendant du nôtre , qu’il connoisse à fond la nature humaine , & qûedans les progrès des tems se ménageant une gloire éloignée , il veuille tra-vailler dans un slecle & jouir dans un autre. Daignez, Monsieur, être cethomme-là , & coopérer au bonheur de toute une nation en traçant le plan

du système politique qu’elle doit adopter. ..

Je sais bien, Monsieur, que le travail que j’ose vous prier rî’entreprendre ,exige des détails qui vous fassent connokre à fond notre vraie situation ; mais ftVous daignez vous en charger, je vous fournirai toutes les lumières qui pourronsvous être nécessaires, & M. Paoli , Général de la nation, fera très-empressé àvous procurer de Corse tous les éclaircissemens dont vous pourrez avoir be-soin. Ce digne chef & ceux d’entre mes compatriotes qui font à portée dsconnokre vos ouvrages, partagent mon désir & tous les fentimens d’estim©'‘sue PEuropé entiers a pour vous, & qui vous font dus à tant de titres, &c > &c.