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LETTRES
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LE T T R E
A M . jyiVERNOI S.
Paris le 18 Décembre 17ÍÇ.
A.VANT-hier au soir, Monsieur , j’arrivai ici très - fatigué ,très-malade, ayant le plus grand besoin de repos. Je n'y fuispoint incognito, & je n’ai pas besoin d’y être. Je ne me fuisjamais caché , & je ne veux pas commencer. Comme j'ai prismon parti fur les injustices des hommes, je les mets au pisfur toutes choses, & je m’attends à tout de leur part, mêmequelquefois à ce qui est bien. J’ai écrit en effet la lettre à M. leBaillis de Nidau ; mais la copie que vous m’avez envoyée , estpleine de contre-fens ridicules ôc de fautes épouvantables. O11voit de quelle boutique elle vient. Ce n’est pas la premiere fa-brication de cette efpece, ôc vous pouvez croire que des genssi fiers de leurs iniquités, ne sont gueres honteux de leursfalsifications. II court ici des copies plus fìdelles de cettelettre qui viennent de Berne, & qui font assez d’effet. M. leDauphin lui-même, à qui on l'a lue dans son lit de mort,en a paru touché , & a dit là - dessus des choses qui feroientbien rougir mes persécuteurs s’ils les favoient, ôc qu’ils fussentgens à rougir de quelque chose.
Vous pouvez m’écrire ouvertement chez Mde. Duchefne oùje fuis toujours. Cependant j'apprends à l’instant que M. lePrince de Conti a eu la bonté de me faire préparer un loge-
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