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Tome douzième.
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LETTRES

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même de la pluie, en sorte que par les plus vilains tems dumonde je vais tranquillement herboriser sous les roches avecles moutons &c les lapins ; mais, hélas, Madame ! je ne trouvepoint de Scordium.

Au bout de la terrasse à gauche font les bâtimens rustiques& le potager, à droite font des bosquets ôc un jet-d’eau. Der-rière la maison est un pré entouré d’une lisiere de bois , laquelletournant au-delà du vallon couronne le parc, si son peut don-ner ce nom à une enceinte à laquelle on a laissé toutes les beau-tés de la nature. Ce pré mene à travers un petit village quidépend de la maison, à une montagne qui en est à une demi-lieue & dans laquelle font diverses mines de plomb que l’onexploite. Ajoutez qu’aux environs on a le choix des promena-des , soit dans des prairies charmantes, soit dans les bois, soitdans des jardins à l’angloise, moins peignés, mais de meil-leur goût que ceux des François.

La maison, quoique petite, est très-logeable & bien distri-buée. II y a dans le milieu de la façade un avant-corps à l’an-gloise , par lequel la chambre du maître de la maison & lamienne qui est au-dessus ont une vue de trois côtés. Son appar-tement est composé de plusieurs pieces fur le devant, & d’ungrand sallon sur le derriere ; le mien est distribué de même, ex-cepté que je n’occupe que deux chambres entre lesquelles & lesalon est une espece de vestibule ou d’antichambre fort singu-lière , éclairée par une large lanterne de vitrage au milieu dutoit.

Avec cela, Madame, je dois vous dire qu’on fait ici bonnechere à la mode du pays, c’est-à-dire, simple & faine, précisé-