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Tome douzième.
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LETTRES

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ceux qui trament des noirceurs eít de se mettre h couvert despreuves juridiques ; il ne feroit pas bon leur intenter procès.La conviction intérieure admet un autre genre de preuves quirèglent les sentimens d’un honnête homme. Vous saurez surquoi sont fondés les miens.

Vous demandez avec beaucoup de confiance qu’on vous-nomme votre accusateur. Cet accusateur, Monsieur , est le seulhomme au monde qui, déposant contre vous, pouvoit se faireécouter de moi ; c’est vous-même. Je vais me livrer fans res-serve 6c sans crainte à mon caractère ouvert ; ennemi de toutartifice, je vous parlerai avec la même franchise que íì vousétiez un autre en qui j’eusse toute la confiance que je n’ai plusen vous. Je vous ferai Fhistoire des mouvemens de mon ame6c de ce qui les a produits, 6c nommant M. Hume en tiercepersonne , je vous ferai juge vous-même de ce que je doispenser de lui. Malgré la longueur de ma lettre , je n’y suivraipoint d’autre ordre que celui de mes idées, commençant parles indices 6c finissant par la démonstration.

Je quittois la Suisse, fatigué de traitemens barbares, maisqui du moins ne mettoient en péril que ma personne 6c lais—soient mon honneur en fureté. Je suivois les mouvemens demon cœur pour aller joindre Mylord Maréchal, quand je reçusà Strasbourg de M. Hume l’invitation la plus tendre de passeravec lui en Angleterre où il me promettoit Paccueil le plusagréable, 6c plus de tranquillité que je n’y en ai trouvé. Je balan-çai entre Pancien ami 6c le nouveau , j’eus tort ; je préférai cedernier, j’eus plus grand tort : mais le désir de connoître parmoi-même une Nation célébré , dont on me difoit tant de

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