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Tome douzième.
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DIVERSES.

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mal & tant de bien, l’emporta. Sûr de ne pas perdre GeorgeKeith, j’étois flatté d’acquérir David Hume. Son mérite, sesrares talens, l’honnêteté bien établie de son caractère , mefaisoient deíìrer de joindre son amitié à celle dont m’hono-roit son illustre compatriote ; & je me faisois une forte degloire de montrer un bel exemple aux gens de Lettres dans•l’union íìncere de deux hommes dont les principes étoient íìdifférens.

Avant l’invitation du Roi de Prusse & de Mylord Maréchal,incertain fur le lieu de ma retraite , j’avois demandé 6c obtenupar mes amis un passeport de la Cour de France , dont je meservis pour aller à Paris joindre M. Hume. II vit, & vit troppeut-être , l’accueil que je reçus d’un grand Prince, 6c , j'osedire, du Public. Je me prêtai par devoir, mais avec répugnanceà cet éclat, jugeant combien l'envie de mes ennemis en se-roit irritée. Ce fut un spectacle bien doux pour moi que l’aug-mentation sensible de bienveillance pour M. Hume , que labonne œuvre qu'il alloit faire produisit dans tout Paris. II de-voir en être touché comme moi ; je ne fais s’il le fut de lamême maniéré.

Nous partons avec un de mes amis qui presqu’uniquementpour moi faisoit le voyage d'Angleterre. En débarquant àDouvres, transporté de toucher enfin cette terre de liberté 6cd’y être amené par cet homme illustre, je lui saute au cou ,je l’embrasse étroitement sans rien dire, mais en couvrant sonviíage de baisers 6c de larmes qui parloient assez. Ce n’est pasla feule fois ni la plus remarquable où il ait pu voir en moiles saisissemens d’un cœur pénétré. Je ne fais ce qu’il fait de

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