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Tome douzième.
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LETTRES

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ces souvenirs, s’ils lui viennent; f ai dans l’esprít qu’il en doitquelquefois être importuné.

Nous sommes fêtés arrivant à Londres. On s’empresse danstous les états à me marquer de la bienveillance & de l’estime.M. Hume me présente de bonne grâce à tout le monde ; ilétoit naturel de lui attribuer , comme je faisois, la meilleurepartie de ce bon accueil : mon cœur étoit plein de lui, j’en par-lois à tout le monde, j’en écrivois à tous mes amis ; mon at-tachement pour lui prenoit chaque jour de nouvelles forces ;le sien paroissoit pour moi des plus tendres, ôc il m’en a quel-quefois donné des marques dont je me furs senti très-touché.Celle de faire faire mon portrait en grand ne fut pourtant pasde ce nombre. Cette fantaisie me parut trop affichée, & j’ytrouvai je ne fais quel air d’ostentation qui ne me plut pas.C’est tout ce que j’aurois pu passer à M. Hume s’il eût étéhomme à jetter son argent par les fenêtres, & qu’il eût eudans une galerie tous les portraits de ses amis. Au reste, j’a-vouerai fans peine qu’en cela je puis avoir tort.

Mais ce qui me parut un acte d’amitié & de générosité desplus vrais & des plus estimables, des plus dignes en un motde M. Hume, ce fut le foin qu’il prit de solliciter pour motde lui-même une pension du Roi, à laquelle je n’avois assuré-ment aucun droit d’aspirer. Témoin du zele qu’il mit à cette:affaire, j’en fus vivement pénétré : rien ne pouvoit plus meflatter qu’un service de cette espece , non pour l’intérêt assu-rément , car trop attaché, peut-être à ce que je possede, je n»sais point desirer ce que je n’ai pas, & ayant par mes amis& par mon travail du pain suffisamment pour vivre , je n’am-

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