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Tome douzième.
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LETTRES

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. J’ai parlé jusqu’ici d’abondance de cœur, & rendant avec leplus grand plaisir justice aux bons offices de M. Hume. Que cequi me reste à dire, n’est-il de même nature ! Rien ne me coûterajamais de ce qui pourra Phonorer. II n T est permis de marchanderfur le prix des bienfaits que quand on nous accuse d’ingratitude,ôc M. Hume m’en accuse aujourd’hui. Loferai donc faire une ob-servation qu’il rend nécessaire. En appréciant ses soins par la peineôc le tems qu’ils lui coûtoient, ils étoient d’un prix inestimable,encore plus par fa bonne volonté : pour le bien réel qu’ils m’ontfait, ils ont plus d’apparence que de poids. Je ne venois pointcomme un mendiant quêter du pain en Angleterre, j’y apportoisle mien ; j’y venois absolument chercher un asyle , 6c il est ou-vert à tout étranger. D’ailleurs je n’y étois point tellementinconnu , qu’arrivant seul j'eusse manqué d’affistance & de ser-vices, Si quelques personnes m’ont recherché pour M. Hume ,d’autres auffi m’ont recherché pour moi ; ôc , par exemple ,quand M. Davenport voulut bien m’offrir l’asyle que j'habite ,ce ne fut pas pour lui qu’il ne connoissoit point, & qu’il vitseulement pour le prier de faire & d’appuyer son obligeanteproposition. Ainsi quand M. Hume tâche aujourd’hui d’aliénerde moi cet honnête homme, il cherche à m’oter ce qu’il nem’a pas donné. Tout ce qui s’est fait de bien, se seroit faitsans lui à-peu-près de même , ôc peut-être mieux ; mais lemal ne se fût point fait ; car pourquoi ai-je des ennemis enAngleterre ? Pourquoi ces ennemis font - ils précisément lesamis de M. Hume ? Qui est-ce qui a pu m’attirer leur ini-mitié ? Ce n’est pas moi qui ne les vis de ma vie 6c qui neles comtois pas; je n’en aurois aucun, si j’y étois venu seul.

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