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Tome douzième.
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D I VERSE S.

J’ai parlé jusqu’ici de faits publics & notoires, qui par leurnature 6c par ma reconnoissance ont eu le plus grand éclat.Ceux qui me restent à dire font, non-seulement particuliers,mais secrets, du moins dans leur cause, ôc l’on a pris toutesles mesures possibles pour qu’ils restassent cachés áli Public;mais, bien connus de la personne intéressée -, ils n’en opèrentpas moins fa propre conviction.

Peu de tems après notre arrivée à Londres, fy remarquaidans les esprits, à mon égard, un changement sourd qui bien-tôt devint très - sensible. Avant que je vinsse en Angleterre ,elle étoit un des pays de l’Europe où j’avois le plus de répu-tation , j’oseroís presque dire de considération. Les Papierspublics étoient pleins de mes éloges , & il n’y avoit qu’un cricontre mes persécuteurs. Ce ton se soutint à mon arrivée ; lespapiers l’annoncerent en triomphe ; l’Angleterre s’honoroitd’être mon refuge ; elle en glorifioit avec justice ses loix &son Gouvernement. Tout-a-coup, & sans aucune cause assigna-ble , ce ton change, mais si fort & si vite que dans tous lescaprices du public, on n’en voit gueres de plus étonnant. Lesignal fut donné dans un certain Magasin , aussi plein d’inep-ties que de mensonges, où l’Auteur bien instruit ou feignantde l’être me donnoit pour fils de Musicien. Dès ce momentles imprimés ne parièrent plus de moi que d’une maniéré équi-voque ou malhonnête. Tout ce qui avoit trait à mes malheursétoit déguisé, altéré, présenté sous un faux jour, Ôc toujoursle moins à mon avantage qu’il étoit possible. Loin de parlerde l’accueil que j’avois reçu à Paris, 6c qui n’avoit fait quetrop de bruit, on ne supposoit pas même que j’eusse osé pa-

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