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Tome douzième.
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LETTRES

roître dans cette ville, & un des amis de M. Hume fut très-surpris quand je lui dis que j’y avois passé.

Trop accoutumé à l’inconstance du public pour m’en affecterencore, je ne laissois pas d’être étonné de ce changement stbrusque, de ce concert si singulièrement unanime , que pas unde ceux qui m’avoient tant loué absent, ne parût, moi présent,se souvenir de mon existence. Je trouvois bizarre que précisé-ment après le retour de M. Hume qui a tant de crédit à Lon-dres , tant d’influence fur les gens de Lettres ôc les Libraires,ôc de si grandes liaisons avec eux, fa présence eût produit uneffet si contraire à celui qu’on en pouvoit attendre; que, parmitant d’Ecrivains de toute espece, pas un de ses amis ne se mon-trât le mien ; ôc l'on voyoit bien que ceux qui parloient demoi n'étoient pas ses ennemis, puisqu’en faisant sonner soncaractère public, ils disoient que j’avois traversé la France sousfa protection, à la faveur d’un passeport qu’il m’avok obtenu dela Cour, ôc peu s’en falloit qu’ils ne fissent entendre que j’a-vois £kit le voyage à fa fuite Sc à ses frais.

Ceci ne signifioit rien encore ôc n’étoit que singulier ; maisce qui l’étoit davantage fut que le ton de ses amis ne changeapas moins avec moi que celui du public. Toujours, je me faisun plaisir de le dire, leurs foins, leurs bons offices ont été lesmêmes, ôc très-grands en ma faveur ; mais loin de me mar-quer la même estime, celui sur-tout dont je veux parler ôc chezqui nous étions descendus à notre arrivée, accompagnoit toutcela de propos si durs «Sc quelquefois si choquans, qu’on eût ditqu’il ne cherchoit à m’obliger que pour avoir droit de me mar-quer du mépris. Son frere, d’abord très-aecueillant, très-hon-nête ,

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