Band 
Tome douzième.
JPEG-Download
 

558

LETTRES

mis que ses amis. Eh pourquoi y en aurois-je d’autres ? Pour-quoi même y ai-je ceux-là ? Qu’ai-je fait à Lord Littleton,que je ne connois même pas ? Qu’ai-je fait à M. Walpole queje ne connois pas davantage ? Que favent-ils de moi, sinonque je fuis malheureux ôc l’ami de leur ami Hume ? Que leura-t-il donc dit, puisque ce n’est que par lui qu’ils me connoif-fent? Je crois bien qu’avec le rôle qu’il fait il ne fe démasquepas devant tout le monde ; ce ne feroit plus être masqué. Jecrois bien qu’il ne parle pas de moi à M. le Général Conwayni à M. le Duc de Richmond , comme il en parle dans sesentretiens secrets avec M. Walpole & dans fa correspondancesécrété avec M. d’Alembert ; mais qu’on découvre la trame quis’ourdit à Londres depuis mon arrivée, ôc l’on verra si M. Humep’en tient pas les principaux fils.

Enfin le moment venu qu’on croit propre à frapper legrand coup, on en prépare l’effet par un nouvel écrit satiriquequ’on fait mettre dans les papiers. S’il m’étoit resté jusqu’alorsle moindre doute, comment auroit-il pu tenir devant cet écrit,puisqu’il contenoit des faits qui n’étoient connus que de M,Hume , chargés, il est vrai , pour les rendre odieux auppbìic.

On dit dans cet écrit que j'ouvre ma porte aux grands Scque je la ferme aux petits. Qui est-ce qui fait à qui j’ai ouvertou fermé ma porte, que M. Hume, avec qui j’ai demeuré ôcpar qui font venus tous ceux que j’ai vus ? II faut en excepter ungrand que j’ai reçu de bon cœur fans le connoître, Ôc que j’au-rois reçu de bien meilleur cœur encore si je l’avois connu. Ce futM. Hume qui me dit son nom quand il fut parti. En i’appre-

i