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ment pratiqué dans le XV e siècle, à en juger d’après quelques li-vres qui contiennent des impressions obtenues par plusieurs plan-ches; mais l’inventeur n’en estpoint connu. Vasari l’attribue àUgode Capri, qui vivait vers 1500. « Ce peintre médiocre, dit-il dansla vie de Marc-Antoine, mais homme d’un génie subtil, découvrit lamanière de graver en bois des estampes qui paraissent coloriéesen clair-obscur. Son procédé consistait à employer deux planchesdont l’une servait à marquer les contours et les ombres, et l’autreà appliquer la couleur. Les lumières étaient obtenues au moyendu blanc du papier que les tailles laissaient intact. Ugo exécuta decette façon, d’après un dessin de Raphaël, une Sybille assise et li-sant à la lueur d’une torche tenue par un enfant. Encouragé par lesuccès, Ugo imagina de faire des estampes avec trois planches:la première produisait les ombres, la seconde les demi-teintes, etla troisième les lumières. Ugo, ayant réussi dans son nouvel essais,grava Enée portantson père Anchise pour le sauver de l’embrase-ment de Troie, une Descente de croix, et l’Histoire de Simon le ma-gicien, dessinée par Raphaël. Il publia également la mort de Goliathet la fuite des Philistins d’après un dessin de Raphaël, une Vé-nus jouant avec des Amours, un Diogène, et une foule d’autresestampes en clair-obscur. »
Cependant les plus anciennes épreuves en camaïeu, portantune date, qui soient venues jusqu’à nous, sont deux gravuresde Lucas Cranach, représentant l’une un saint Christophe, etl’autre l’Amour et Vénus, toutes les deux marquées du millésimede 1506. La plus ancienne gravure en clair-obscur d’Ugo deCapri porte la date de 1518; elle est par conséquent de beau-coup postérieure aux deux précédentes. On cite même des gra-vures en camaïeu d’un graveur allemand, Jean-Ulrich Pilgrim,qui vivait dans le XV e siècle, et que les Français nomment lemaître aux bourdons croisés.
On possède encore d’autres estampes en camaïeu de LucasCranach : ce sont le Martyre des Apôtres, saint Antoine, unesainte Famille, Je Repos en Egypte, Adam et Ève, saint Jérôme,toutes de 1509; — un saint Christophe et un saint Jérôme de1516, et 4 feuilles de tournois. Parmi les autres graveurs alle-mands du XVI e siècle qui ont exécuté des gravures en clair-